Eloge de l’humilité



« L’orgueil précède la chute » Une parole de sagesse tirée de la bible et que l’on peut appliquer à l’infini dans le domaine de la nutrition et de la santé naturelle. Voici 3 exemples :


Humilité et perte de poids

Je n’aide pas seulement des personnes qui souhaitent perdre du poids. Cependant, c’est quand même un des objectifs fréquents de mes clients. Et c’est une bonne chose. Car le poids ce n’est pas seulement un critère esthétique, c’est aussi un facteur qui détermine grandement notre état santé.


L’humilité pour la perte de poids, ça sert à quoi ?


D’abord, lorsque l’on est conscient de ses limites, on ne se décourage lorsqu'on fait des faux pas. On se relève plus vite, parce que l’on sait que l’on est humain. On ne baisse pas les bras parce que l’on a admis que l’on ne serait jamais infaillible.


Personne ne mange à la perfection, ne suit un régime sans le moindre écart, et se maîtrise dans toutes les situations. Nous sommes vulnérables et le serons toujours. Etre humble c’est connaître sa fragilité, ne pas s’en étonner, sans pour autant baisser les bras. On n’est jamais arrivés mais on peut toujours progresser.


Accepter ses vulnérabilités c’est aussi s’accepter avec son poids en trop. Pas dans le sens de la capitulation ou du déni. Plutôt dans le sens où l’on s’aime tel que l’on est, avec nos potentiels kilos en trop. Les personnes qui parviennent à cela s’engagent dans une démarche progressive et efficace, qui mène à des résultats pérennes. Elles tombent moins facilement dans le piège des régimes miracles, aux effets immédiats qui ne durent pas mais qui aggravent les problèmes à terme.


Humilité et études scientifiques

Plus je décortique les études scientifiques plus je me rends compte que les biais sont infinis et que cela génère beaucoup d’erreurs.


Un scientifique doit toujours mettre de côté ses opinons, être prêt à accepter de prendre en compte à tous moments, des données qui contredisent son hypothèse. Cela demande une grande dose d’humilité. Partir dans une direction, admettre que l’on s’est trompé, repartir à zéro, réfléchir autrement. Un exercice extrêmement difficile.


Le professeur Tim Noakes a écrit un livre pour conseiller les sportifs sur leur alimentation. Un livre qui a eu beaucoup de succès, dans lequel il conseillait de manger beaucoup de glucides. Des années plus tard, il se découvre un diabète. Une claque pour ce marathonien ! Ses recherches lui font découvrir l’alimentation faible en glucides et le bénéfice qu’il existe à utiliser le gras comme la source d’énergie principale. Il se l’applique à lui-même, parvient à tenir sa glycémie sous contrôle. Il comprend que son diabète était lié à la surconsommation de glucides. Finalement il décide de convoquer la presse pour faire son mea-culpa. « Je me suis trompé », dit-il au média. Courageux ! Et cela demandait aussi une sacré dose d’humilité.


Autre exemple, avec la plus grande étude jamais conduite dans l’histoire de la nutrition sur les régimes faibles en gras. 49000 femmes suivies pendant 10 ans (The Women Health Initiative). Cette étude, conduit à partir de 1993, visait notamment à confirmer une hypothèse des années 50 : les régimes faibles en gras sont bénéfiques pour la santé et pour le poids.


Ce fût un échec puisque le groupe contrôle, qui ne suivait pas de consignes particulières, ne fut ni plus malade, ni plus gros, au bout de 10 ans. Malheureusement, les gouvernements avaient déjà pris les devants et s'étaient engagés dans la direction opposée, en finançant depuis plus de dix ans, d’importantes campagnes d’incitation à manger moins gras.


Il aurait fallu avoir l’humilité de reconnaître ses erreurs, avouer ce que les données confirmaient : un régime faible en gras ne fonctionne pas comme on l’aurait cru. Mais ce n’est pas donné à tout le monde. Cette étude a été peu médiatisée et est aujourd’hui rarement citée. La plupart des gens pensent encore aujourd’hui que le gras c’est mauvais et que cela a été prouvé.


Humilité et médecine

J’admire les médecins pour leur capacité à emmagasiner tant d’informations. Le corps humain est tellement complexe ! J’ai longtemps cru qu’ils maitrisaient, que leurs diagnostics étaient certains et leurs traitements testés et approuvés. Je suis dorénavant bien plus dubitative et bien moins naïve.


Ma fille est née 1 semaine après que des cas de varicelles aient été déclarés dans la crèche de mon fils. Devais-je éviter les contacts entre mes deux enfants ? Trois pédiatres, trois explications différentes, mais tous persuadés qu’il était absolument impossible que ma fille ne contracte la maladie. Chacun m’a conseillé sans émettre le moindre doute, comme si la réponse à ma question était évidente.


Au final, les trois se sont trompés. Ma fille a eu la varicelle dès les premiers jours de sa vie, heureusement sans complications. Deux ans après, quand tous les enfants de la crèche ont été infectés sauf elle, elle a été la seule à ne pas tomber malade : elle avait déjà les anti-corps.


S’il y a bien un domaine dans lequel il faut faire preuve d'humilité, c’est en médecine. Nous ne comprenons peut-être qu’un centième des fonctionnalités de notre corps, il nous reste beaucoup à découvrir.


Certes la médecine a réussi des exploits, notamment en enrayant certaines maladies infectieuses, ce qui a réduit la mortalité infantile, et augmenté considérablement l’espérance de vie. Mais ne nous enorgueillissons pas ! Beaucoup de choses nous échappent encore !


Un de mes médecins me disait qu’il voulait surveiller de près mon cholestérol, me précisant que c’était surtout chez les femmes qu’il augmentait avec l’âge. Je me souviens précisément de sa phrase : « Le foie, ce con, décide à 50 ans de produire tout d’un coup beaucoup de cholestérol » Et moi de penser, alors que je n’y connaissais rien : peut-être a-t-il une bonne raison de le faire ?


Je sais désormais que trop de cholestérol est rarement un problème pour les femmes, tandis que d’en avoir assez est très avantageux : cela réduit le risque de maladies cardio-vasculaires. Plusieurs sont d’avis que le corps produit du cholestérol pour se protéger de l'inflammation. Et si c'était au contraire pour notre bien ?


J’essaye de choisir les médecins parmi les plus humbles : ceux qui admettent ne pas tout savoir, ne pas tout comprendre, et avoir des doutes. Qui ont l’humilité de voir que devant la complexité du corps humain, ils ne sont pas grand chose.


Même si l’espérance de vie a augmenté, nous vivons nos dernières années de vie dans un état souvent piteux, dépendants de nombreux médicaments, dont les effets secondaires nous obligent à en prendre d’autres, etc. Comme certains le font remarquer, l’espérance de «  bien vivre » a sans doute diminué ces dernières années.


Je crois que nous devons rester humble quant au fonctionnement de nos organismes complexes et éviter de jouer les apprentis sorciers. Quand on touche à un organe, cela affecte les autres. Le corps possède un puissant thermostat qui vise à réguler toutes ses fonctions. Ce n’est pas parce que l’on ne comprend pas certaines réactions de notre corps, qu’elles sont mauvaises.


L'humilité n'est pas à la mode. Les personnes sûres d'elles sont celles qui inspirent confiance et qui rassurent. Mais n'est-ce pas un leurre ? Et n'est-ce pas une attitude qui empêche d'avancer ? Je pense qui si. L'orgueil précède la chute.

74 vues1 commentaire

Pour plus d'informations

Inscrivez-vous à la newsletter CrescendoVita

Retrouvez

CrescendoVita

sur les réseaux sociaux 

© 2019 by CrescendoVita - created with Wix.com

  • Noir Icône YouTube
  • Black Facebook Icon
  • Black Instagram Icon